Cette semaine, Ascforever est allé à la rencontre de Ludovic Batelli pour un entretien (totalement fictif). Celui-ci nous livre ses sentiments par rapport au dernier match et nous parle sans détour de "dynamique de succès". A ne pas prendre au 1er degré...
Ludovic Batelli :
"Vendredi dernier, on a réalisé un truc de malade. Alors, que tout le monde nous voyait perdant, on a réussi à ramener les 3 points de notre déplacement au Havre. Vous auriez dû voir ça ! Le stade Jules Deschaseaux était plein comme un œuf alors que nous ne jouions que le 1er match de la saison et qui plus est en pleines vacances d’été (NDLR : plutôt "plein comme un petit six", le stade ayant une capacité de 16500 places et ayant accueilli 9361 personnes lors de la rencontre). Et franchement, qui voudrait passer ses vacances au Havre ? En tous cas, c’est pas à Amiens qu’on aurait vu ça. A la Licorne, si on ne file pas des places gratis ou qu’on n’est pas dans les 3 premiers du classement à 2 journées de la fin, y’a personne qui vient…
Enfin bref. Là n’est pas la question. Le principale information à retenir, c’est qu’on était premier du championnat de Ligue 2 à la fin de cette 1ère journée. Alors, là, ça a fait tilt dans nos têtes et on s’est dit : "il faut absolument maintenir cette dynamique de succès pour pouvoir monter en Ligue 1 à la fin de l’année !".
Pour cela, la 1ère décision que nous avons prise en rentrant sur Amiens, après le match, c’est de descendre sur Saint-Leu pour arroser ça. Il paraît que vivre ensemble en dehors des entraînements et des matchs, ça peut resserrer les liens entre les joueurs et créer cette fameuse dynamique de succès. Alors nous, nous avons décidé de resserrer nos liens au Baroque à coup de mètres de bière. Malheureusement, arrivés à l’entrée du bar, le videur n’a pas voulu nous laisser rentrer. Il nous a regardé de son regard noir, en faisant bouger les veines de son cou, et nous a dit : "les sorties scolaires ne sont pas autorisées ici, il faut être majeur pour pouvoir rentrer !". Et là, je me suis retourné vers les joueurs, je les ai regardé les uns après les autres et je me suis juré de ne pas recruter une nouvelle fois en CFA l’année prochaine…
Pour créer une dynamique de groupe, c’était raté. Pendant les jours suivants, je n’ai pas arrêté de me demander comment j’allais pouvoir motiver les joueurs pour battre Strasbourg, à la Licorne, lors du prochain match. Et ce matin, alors que j’en étais encore à me demander quel bar à Amiens voudrait bien nous laisser rentrer moi et mes joueurs, Abraham est venu me voir avec une idée du tonnerre. Il m’a dit : "Eh Ludo ! Ca serait génial de faire une projection vidéo et de montrer aux joueurs la finale de Coupe de France que nous avons perdu contre Strasbourg en 2001. Les joueurs auront forcément envie de faire mordre la poussière aux strasbourgeois après ça !".
Vu que je ne savais pas trop quel était l’intérêt d’une projection vidéo, Abraham m’a expliqué que celle-ci servait à visionner un de ses matchs ou un de ceux joués par son prochain adversaire pour en relever tout ce qui allait et tout ce qui n’allait pas. Je lui ai alors demandé pourquoi ne pas regarder le dernier match joué par Strasbourg, contre Dijon, afin de trouver les faiblesses des strasbourgeois et mon adjoint m’a répondu que le club n’avait pas pu se payer l’enregistrement pour cause de restrictions budgétaires.
Nous nous sommes donc rabattus sur la finale Amiens – Strasbourg de 2001 et j’ai demandé aux joueurs de me rejoindre à 10h dans la salle de projection cinématographique.
Merville est arrivé le premier. Vers 10h30. Avec ses 50 cl de coca et son sac de pop corn. Il m’a alors demandé :
- "On regarde quoi coach ?".
- "La finale de la coupe de France 2001, celle qu’on a perdu contre Strasbourg aux tirs au but", ai-je répondu.
- "Oh, nan ! Il est trop nul ce match ! En plus je connais déjà la fin ! Y’a pas autre chose ?"
- "Non, y’a pas autre chose, alors sois gentil et assis toi ici s’il te plaît."
Tous les joueurs sont alors arrivés les uns après les autres, se bousculant pour être dans le fond. Sauf Vairelles qui lui se bouscule souvent pour être devant depuis qu’il a perdu sa place de titulaire au profit de Boche…
A 11h30, tout le monde était là. Nous pouvions donc commencer. C’est malheureusement le moment qu’ont aussi choisi les joueurs au fond pour se distinguer en lançant du pop corn sur Vairelles, assis tout seul au premier rang. Et là, ça a dégénéré : Merville s’est levé d’un bon et s’est mis à hurler que c’était pas bien de gaspiller la nourriture alors que des millions d’enfants n’ont pas à manger dans le monde. Puis Vairelles s’est énervé : "Arrêtez de m’embêter ou je vais le dire à Monsieur Pouillot."
Et là, tout le monde s’est tût. Vairelles s’est rassis tout fier d’avoir su se faire respecter. En fait, c’était parce que le président, alerté par le bruit, venait d’arriver à l’entrée de la pièce et regardait les autres joueurs d’un regard menaçant…
- "Il est où Dia ?" m’a-t-il demandé.
- "Je ne sais pas Monsieur Pouillot. Sans doute est-il en retard."
- "Commence à me fatiguer à en faire qu’à sa tête celui-là !" a-t-il conclu en sortant furieux de la pièce.
11h45. On a enfin pu mettre la cassette dans le magnétoscope pour commencer le visionnage. Et là, ça ne s’est pas arrangé. Casartelli voulait savoir où il était sur le terrain car il ne se voyait pas. On lui a répondu qu’il ne jouait pas encore à Amiens ; il a alors croisé les bras et s’est mis à bouder. Colleau a demandé une autre chaise pour étendre ses jambes. Paraît que chez lui il a une table basse devant le canapé pour poser les pieds quand il regarde la télé… Jacmot a alors demandé :
- "On pourrait pas se regarder Pirates des Caraïbes plutôt ? Ca a l’air trop bien…"
- "C’est pas encore sorti en cassette pauvre tâche", lui a répondu De Freitas. Et David, vu que c’est le capitaine, on ne le contredit pas quand il parle…
- "Moi, j’aurais préféré voir un film de combat, s’en ai alors mêlé Buron. Vous n’avez pas un Van Damme ou un Jacky Chan sous la main ?"
Alors là, je me suis énervé et j’ai dit aux joueurs que le prochain qui me sortait un truc de ce genre, il irait jouer avec la CFA2 contre Dives. "Moi, ça ne me dérangerait pas", a trouvé bon de rajouter Perchet. VLAN ! Je n’ai pas pu me retenir, la claque est parti. Tous les joueurs ont sursauté, sauf Buengo qui s’était assoupi sur sa chaise.
Un semblant de calme étant revenu, j’ai enfin pu mettre l’enregistrement en route. Mais, les équipes étaient à peine entrées sur le terrain que Sami s’est exclamé :
- "Eh coach ! Il est plus de midi là ! C’est l’heure d’aller manger !"
- "C’est clair", ont déclaré en cœur l’ensemble des autres joueurs."
Et tous sont sortis en courant de la pièce…
Quelques minutes plus tard, Abraham me rejoignait dans la salle de projection. "Alors, cette séance ? m’a-t-il demandé. Instructive ?". Je n’ai même pas réfléchi. J’ai pris le magnétoscope et je l’ai balancé par la fenêtre. C’est sans doute cela qu’on appelle une projection de vidéo… En tous cas, faudra que je pense à demander à Jean-Pierre Papin, Vendredi, s’il en fait aussi avec ses joueurs."
Baldé 1 passe Giresse 1 passe Kadir 1 passe N'Zonzi 1 passe
Météo des joueurs
Allegro Benvegnu Giresse Heitzmann Levrat
Baldé De Parseval Haaby Kadir Traoré Viator
Laurent N'Zonzi Raynier
Arrivées
Aït Alia Malek Allegro Samuel Baldé Abdoulaye Brillault Maxime Haaby Benoît Laurant Benjamin Viator Eddy
Départs
Begeorgi Fabrice Buengo André Titi Buron Antoine Fiorese Fabrice Hamed David Hernandez Stéphane Lahaye Tristan Mulumbu Youssouf Pappas Alexandros Perchet Gary Rabihou Amadou Sami Joël André Vairelles David
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